L’ impact d’une loi injuste et intransigeante
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This article was published 20/02/2016 (3610 days ago), so information in it may no longer be current.
LE 10 mars 1916, le gouvernement de T. C.
Norris adopte une nouvelle loi scolaire.
L’enseignement du français devient illégal.
Normand Boisvert est un des acteurs clés dans la renaissance du français scolaire. Il nous partage son point de vue.
En 1975, Normand Boisvert était directeur général de la Division scolaire de la Rivière Seine. Il conserve de vifs souvenirs de la lutte qui a conduit à l’ouverture, à Saint-Norbert, de l’école Noël-Ritchot, premier établissement scolaire à être conçu et construit pour être une école française.
“Ça n’a pas été facile de convaincre les commissaires, les parents anglophones et même plusieurs francophones. L’enseignement du français n’avait été rétabli que depuis 1970, avec l’adoption de la Loi 113 par le gouvernement d’Ed Schreyer. Et pour bien des gens, c’était de l’inconnu. Et l’inconnu fait peur.
“Dès 1970, j’avais entamé une tournée des écoles de la division scolaire, pour implanter un programme scolaire français. L’école Pointedes- Chênes à Sainte-Anne a vite adopté un programme de la 1re à la 6e années. Mais ailleurs, c’était beaucoup moins évident. Il faut se rappeler qu’à l’époque, on parlait beaucoup de ‘déségrégation,’ à cause de la lutte pour les droits civils aux États-Unis. Et les anglophones s’inquiétaient que les écoles et les villages entiers allaient être divisés selon les langues.
“Quand on a donc réclamé une école française à Saint-Norbert, parce que nos élèves étaient rendus en 6e année, on nous disait que ‘la Province ne construit pas des écoles de langue.’ À une réunion de la commission scolaire, j’ai évoqué l’exemple de l’Ontario, qui commençait à en construire. C’est alors que la querelle pour l’école Noël-Ritchot a éclaté. C’était une lutte acharnée, bien éprouvante.
Mais j’ai maintenu ma position, avec l’appui des parents et d’un groupe d’enseignants convaincus. Il y a même eu des démonstrations publiques à Saint-Norbert. Le temps était venu de militer.”
L’école Noël-Ritchot a ouvert ses portes en 1977. Quatre décennies plus tard, Normand Boisvert reste songeur.
“Je me demande parfois ce que serait devenu le Manitoba sans la Loi Thornton. Je suis un enfant de 1916. J’ai fréquenté l’école Saint-Louis, petite école à neuf kilomètres de Notre-Dame-de-Lourdes.
Tous les élèves étaient francophones. On parlait à peine l’anglais.
Pourtant, il fallait tout apprendre en anglais. On était obligé de le faire. C’était la loi.
“Si on a réussi à développer notre français, c’est parce que nos enseignantes étaient très dévouées. Je me souviens encore de Mme Élise Comte, une enseignante exceptionnelle. Elle nous gardait après l’école, souvent jusqu’à 17 h 30, pour nous préparer aux examens de français de l’Association de l’éducation canadienne-française du Manitoba. L’école Saint-Louis a été très forte sur ce plan tout au long des années 1940 et 1950. On n’a qu’à consulter les résultats La Liberté et le Patriote numérisée pour le constater!”
Au sujet des célèbres inspecteurs d’école de l’époque, dont la notoriété était de tourmenter les enseignantes, laïques ou religieuses qui osaient enseigner en français, Normand Boisvert remarque qu’ils étaient “plutôt tolérants, pas comme à d’autres endroits.”
“Oui, on cachait nos livres français quand ils arrivaient, mais je me souviens que l’inspecteur William Stanley Lockhart ne commentait pas sur le fait que la salle de classe avait un crucifix. Et il savait fort bien que Mme Comte enseignement en français.”
Il n’empêche que dans d’autres écoles, les inspecteurs ont été beaucoup plus intransigeants.
“La Loi Thornton a eu pour résultat d’encourager un sentiment de honte parmi de nombreux francophones. Certains ont perdu la langue parce qu’ils ne la voulaient plus. Ils se sont assimilés pour ne pas se démarquer des autres. Sans l’abolition du français, c’est sûr que les francophones auraient encore des défis. Mais en termes de nombres, j’ai pour mon dire qu’on ressemblerait au Nouveau-Brunswick. Et plusieurs générations de Franco-Manitobains n’auraient pas eu à se battre pour leur langue.”
— de La Liberté pour le Winnipeg Free Press
redaction@la-liberte.mb.ca
A weekly column en français, celebrating West Canada’s largest francophone community, one story at a time